Nouveautés numismatiques juin 2017

Voici quelques nouveautés qui devraient intéresser les numismates :

Canada : le raid de Dieppe

Dans le cadre de la commémoration du raid de Dieppe, le 19 août 1942, la Monnaie royale canadienne a dévoilé une pièce d’argent pur racontant ce pan important de l’histoire du pays.

La pièce produite par Lire la suite

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Art Philatélique 2016

Dans les bureaux de la CNEP à Paris, le jury des 66è Grands Prix de l’Art Philatélique s’est réuni jeudi 27 octobre 2016.  François FARCIGNY, Président du jury, était entouré de près d’une trentaine de personnalités issues ou non de la philatélie. Ce jury décerne les prix pour les plus beaux timbres dans les différentes catégories.

  • Le Grand Prix de l’art Philatélique pour les TOM, les collectivités territoriales et Andorre a été décerné au bloc des TAAF Réserve naturelle représentant 6 portraits d’Albatros. A noter que la 2ème place revient également aux TAAF avec le carnet des Palangriers.

taaf_albatrostaaf_carnet Lire la suite

Exposition Terres Australes (suite)

L’exposition de PHILAPOSTEL Bretagne dans la galerie commerciale CORA à Pacé a été montée Lundi avec l’aide de Franck HENRI, Joel LEMAINE et de François MENNESSIEZ notre Président Général.

Aujourd’hui Mercredi , journée d’animation avec à partir de 14H30 la présence de Pierre André COUSIN , peintre officiel de l’aviation et Joel LEMAINE que les habitués du Blog connaissent bien. Possibilité de faire dédicacer vos souvenirs.

Samedi 17 nouvelle journée d’animation 10H00-19H00

Et encore merci à Paule, Bernard et Jean- Michel qui ont bien voulu mettre à disposition leurs présentations

Venez nombreux

Son tampon vaut de l’or

Taaf1.

Il y a seulement 3 heures de décalage horaire entre la France métropolitaine et lui. Pourtant, il est l’un des trente Français les plus éloignés de la métropole.

Steven Forest, dont toute la famille vient d’Ille-et-Vilaine, travaille depuis décembre 2015 sur la base scientifique Dumont d’Urville, en Terre Adélie, proche du Pôle Sud. Il y officie en tant que gérant postal, dans « la Poste la plus éloignée de France ». Lire la suite

Yves Beaujard et les TAAF

Yves Beaujard est un des graveurs de timbres les plus célèbres. On lui doit de nombreux timbres en taille douce, de France mais aussi des TAAF. Voici, en exclusivité pour PHILAPOSTEL Bretagne, les différentes étapes de la conception d’un timbre des TAAF, d’après une présentation de Pierre Couesnon effectuée lors des dernières Rencontres Philatéliques Rennaises.

Beaujard00 Lire la suite

Les Oubliés de Saint Paul : suite … et fin

Nous vous avions conté ici-même la triste histoire des Oubliés de Saint Paul il y a plusieurs mois. Après bien des démarches, l’association créée pour leur mémoire a réussi son pari : faire revivre ces oubliés.

En effet, trois manifestations ont commémoré ce triste épisode dans les derniers mois : Lire la suite

Les bretons dans le Monde #7

Je vous propose comme chaque lundi de nous pencher sur la Bretagne et ces bretons qui ont eu l’honneur d’être timbrifiés dans les pays où ils ont été remarqués. Robert Fontaine y a consacré une étude qu’il nous propose de déguster. Voici donc le 7è et dernier épisode de ces « Bretons dans le Monde » avec celles et ceux qui représentent le Morbihan :

TAAF

Rallier-du-Baty2Raymond Rallier du Baty, navigateur français (1881Lorient – 1978 Talant (Côte-d’Or), Il est enterré au cimetière de Kerdeff à Locmiquélic
Après des études en hydrographie à Nantes, il offre ses services à Jean-Baptiste Charcot, qui part en 1903 pour sa première expédition au pôle Sud
Rallier-du-Baty.

En 1913 à bord de La Curieuse, mais l’expédition, qui devait s’achever en 1918, est interrompue en 1914 en Australie. En effet Raymond Rallier de Baty, apprenant que la France est en guerre, décide de rentrer défendre son pays.
Mobilisé, il sera pilote d’hydravion au centre d’aviation maritime de Dunkerque, et fondera le centre d’hydravion du Havre.

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NOUVELLE-ZELANDE

Jean de SurvilleJean-François-Marie de Surville explorateur et marin marchand (Port-Louis 1717 – 1770, noyé à Chilca au Pérou).
Aujourd’hui, une plaque commémorative marque le lieu de mouillage du St Jean Baptiste dans la Doubtless Bay. On peut y lire :« Jean-François-Marie de Surville jeta l’ancre avec son bateau le St Jean Baptiste, dans la « Doubtless Bay », 17 – 31 décembre 1769, pour y faire reprendre des forces à ses hommes. Il se rendit dans un Pa de cette région le 30 décembre« .
Les « Surville Cliffs », falaises qui se trouvent à l’extrémité nord de la Nouvelle-Zélande, sont ainsi nommées en l’honneur de Jean-François-Marie de Surville.

TAAF

Iles-CrozetDécouverte des iles Crozet
Les îles Crozet furent découvertes par l’expédition de l’explorateur français Marion-Dufresne qui fit débarquer son second sur l’île de la Possession le 24 janvier 1772.
Julien Crozet (1728 Riantec – 1780 en mer), prit alors possession de l’archipel au nom de la France en déposant une bouteille contenant un parchemin aux armes du roi de France. Le capitaine britannique James Cook nomma ces îles « Julien Crozet ».
Il revient à Port-Louis le 8 août 1776 pour repartir en mer le 29 mars 1777 comme capitaine de « l’ Élisabeth ». Il meurt à bord.

ST VINCENT & GRENADINES

Jean Robic-2Jean Robic, né le 10 juin 1921 à Condé-lès-Vouziers dans les Ardennes et mort dans un accident de la route, le 6 octobre 1980 à Claye-Souilly en Seine-et-Marne, est un coureur cycliste français. Pas franchement breton donc, mais toute sa famille est originaire du Morbihan et lui-même a passé plusieurs années à Radenac.
Professionnel de 1943 à 1961, il a notamment remporté le premier Tour de France de l’après-guerre en 1947, exploit accompli sans jamais porter le maillot jaune au cours de l’épreuve. Jusqu’au terme de sa carrière en 1959, à trente-huit ans, il remporte six étapes, et porte une journée le maillot jaune lors du tour de 1953.
Il a également remporté le premier championnat du monde de cyclo-cross, en 1950.

Tous les textes et images nous sont aimablement proposés par Robert Fontaine, qui anime le site HistoPhilaBreizh. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à nous le communiquer …

Jean Robic-1b

Les bretons dans le Monde #4

Je vous propose comme chaque lundi de nous pencher sur la Bretagne et ces bretons qui ont eu l’honneur d’être timbrifiés dans les pays où ils ont été remarqués. Robert Fontaine y a consacré une étude qu’il nous propose de déguster. Voici donc le 4è épisode de ces « Bretons dans le Monde » avec celles et ceux qui représentent l’ Ille et Vilaine (1/2) :

INDOCHINE

Pierre Paul de la GrandierePierre, Paul, Marie de La Grandière, amiral français (1807 Redon – 1876 Quimper)
Après avoir reçu en 1860 le commandement en chef de la division navale des côtes de Syrie, il passe Contre-Amiral le 24 décembre 1861, major général à Cherbourg, puis à Brest en 1862.
Le 1er mai 1863 il devient gouverneur de la Cochinchine, en poste à Saïgon, et commandant en chef des forces navales françaises d’Extrême Orient. Vice-amiral en 1865, il s’empare, en juin 1867 des trois provinces vietnamiennes de Vĩnh Long, Châu Dôc et Hà-tiên, devenant ainsi le véritable fondateur de la Cochinchine.

TAAF

Marion Dufresne.

Marc-Joseph Marion du Fresne surnommé Marion-Dufresne (baptisé le 22 mai 1724 Saint-Malo – 1772 à Baie des Îles, en Nouvelle-Zélande), navigateur, corsaire, colon et explorateur français du XVIIIe siècle.

Découvre, pour le roi de France, l’île de la Possession Il est notamment le découvreur en 1772 de l’île Marion, de l’île du Prince-Édouard et des îles Crozet.

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NOUVELLE ZELANDE

Marion Dufresne-3.

Marion-Dufresne atteint la baie Frédéric-Henri de la Terre de Van Diemen (actuelle Tasmanie) le 3 mars 1772 mais n’y trouvant ni eau ni bois pour réparer les mâts, il fait route vers la Nouvelle-Zélande le 24 du même mois.

Il mène alors l’exploration des côtes néo-zélandaises. Le 4 mai 1772, les deux bateaux mouillent dans la Baie des Îles (Bay of Islands), renommée Port-Marion par les Français.

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TASMANIE – 1908

Marion Dufresne-2.

Marion-Dufresne est notamment le découvreur en 1772 de l’île Marion, de l’île du Prince-Édouard et laisse son nom à un lac en Tasmanie.

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SAINT-PIERRE ET MIQUELON   –  MONACO

Rene de ChateaubriandFrançois-René, vicomte de Chateaubriand  (1768 Saint-Malo – 1848 Paris) écrivain et homme politique français.
Renonçant à la carrière de marin qui lui semblait promise, il prend un brevet de sous-lieutenant en 1786. Contraint d’émigrer, en avril 1791, il choisit comme terre d’exil les tout jeunes Etats-Unis d’Amérique.

Rene de Chateaubriand-2Citation des « Mémoires D’Outre-Tombe »
«…Nous gouvernâmes vers les îles Saint-Pierre et Miquelon, cherchant une nouvelle relâche. Quand nous approchâmes de la première, un matin entre dix heures et midi, nous étions presque dessus; ses cotes perçaient en forme de bosse noire, à travers la brume. Nous mouillâmes devant la capitale de l’île… ».

ÎLE MAURICE

Mahe de la Bourdonnais-2Bertrand François Mahé, comte de La Bourdonnais, ( 1699 St-Malo – 1753 Paris), officier de marine français. Engagé jeune au service de la Compagnie française des Indes orientales, se distingue une première fois lors de la prise de Mahé (Inde) en 1724. Le comptoir de Mahé restera français jusqu’en 1954.

Nommé Gouverneur général des Mascareignes pour le compte de la Cie des Indes en 1733, il prend son poste en 1735 et modernise, à renforts de grands travaux, les établissements français des mers de l’Inde, l’Isle de France et l’île Bourbon. Ces travaux lui valent l’hostilité de certains directeurs de la Compagnie, à Paris, en raison de leur coût.

Mahe de La Bourdonnais-4

timbre de 1899

Mahe de La Bourdonnais-3

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Mahe de la Bourdonnais-1bTous les textes et images nous sont aimablement proposés par Robert Fontaine, qui anime le site HistoPhilaBreizh. A suivre dès lundi prochain, et en attendant, si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à nous le communiquer …

Les bretons dans le Monde #3

Je vous propose comme chaque lundi de nous pencher sur la Bretagne et ces bretons qui ont eu l’honneur d’être timbrifiés dans les pays où ils ont été remarqués. Robert Fontaine y a consacré une étude qu’il nous propose de déguster. Voici donc le 3è épisode de ces « Bretons dans le Monde » avec celles et ceux qui représentent le Finistère :

REPUBLIQUE DU GABON

Louis Edouard Bouet-WillaumezLe comte Louis Édouard Bouët-Willaumez, (1808 Brest-Lambezellec – 1871 Maisons-Lafitte), officier de marine et explorateur, Amiral en 1865, il est connu pour ses explorations du fleuve Sénégal et du golfe de Guinée.
Il a pour mission de lutter activement contre la traite des noirs et de rétablir la souveraineté française sur des points côtiers insurgés, où il rétablit le commerce français. Il fonde Libreville en 1849.

TAAF

Guillaume Lesquin (1803-1830) (1803 Roscoff – 1830 Valparaiso)
Le 28 mai 1825, « l’Aventure », goélette de 55 tonneaux commandée par Guillaume Lesquin quitte l’île Maurice pour une campagne de chasse aux îles Crozet.

Guillaume LesquinLe voyage vers l’archipel dure habituellement 30 jours, les provisions d’eau douce ont été calculées en conséquence. Mais lorsque le 8 juillet la goélette atteint l’île aux Cochons, l’état de la mer interdit toute opération de débarquement. La tempête va durer un mois.
Le 29 juillet 1825, la mer déchaînée fait déraper la goélette qui s’écrase sur les récifs …

TAAF

St-AllouarnLouis François Marie Aleno de Saint-Alouarn (1738 Guengat – 1772 à Port-Louis (île de France), officier de marine et explorateur du XVIIIe siècle.
Il adresse une longue lettre à Yves de Kerguelen pour lui faire part de sa prise de possession de l’ouest de la Nouvelle-Hollande (Australie). Il n’y eut pas de suite et le nom de Saint-Aloüarn tombe dans l’oubli.
Le 16 janvier 1998, une expédition franco-australienne venait de découvrir dans le sable de la côte désertique de l’île Dirk Hartog, au nord-ouest de l’île-continent, les preuves de la prise de possession de l’Australie au nom du Roi de France Louis XV, le 30 mars 1772, par un officier de marine breton, Louis Aleno de Saint Alouarn.

MONACO

Louis JouvetLouis Jouvet né le 24-12-1887 à Crozon, Finistère et décédé le 16 août 1951 à Paris, était acteur, metteur en scène, professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique et directeur de théâtre.
En 1912, son diplôme de pharmacien en poche, et en 1914, quand la Première Guerre mondiale éclate, Louis Jouvet est mobilisé comme ambulancier, puis comme médecin auxiliaire. Démobilisé en 1917, il retrouve la troupe du Vieux Colombier.
En 1922, commence sa carrière de metteur en scène, il installe sa propre troupe au théâtre des Champs-Élysées où il remporte l’année suivante son premier grand succès avec Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romain, qu’il jouera 1500 fois.
Louis Jouvet aimait le théâtre plus que le cinéma. Cela ne l’empêchera pas de jouer, au cinéma, des adaptations théâtrales saluées par la critique

ILES CAYMAN

Le Pluton-2(Timbre issu d’un bloc représentant le « Pluton » dans le combat de Trafalgar.)

Le « Pluton » était un navire de ligne de 74 canons de la marine française construit à Toulon, en 1804. Il participa à la Bataille de Trafalgar sous les ordres du capitaine Julien Marie COSMAO-KERJULIEN (1761 Châteaulin – 1825 Brest).
Deux jours plus tard, le 23 octobre 1805, il fut le vaisseau amiral de la contre-attaque française menée depuis Cadix, avec L’Indomptable, Le Neptune, le Rayo, et le San Francisco de Asis, pour reprendre les navires capturés par les Britanniques.

 

Tous les textes et images nous sont aimablement proposés par Robert Fontaine, qui anime le site HistoPhilaBreizh. A suivre dès lundi prochain, et en attendant, si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à nous le communiquer …

Le Pluton-1b

Les bretons dans le Monde #1

Je vous propose aujourd’hui de nous pencher sur la Bretagne et ces bretons qui ont eu l’honneur d’être timbrifiés dans les pays où ils ont été remarqués. Robert Fontaine y a consacré une étude qu’il nous propose de déguster. Voici donc le 1er épisode de ces « Bretons dans le Monde » avec celles et ceux qui représentent notre belle région Bretagne, les prochains lundis seront consacrés à chaque département :

Emirat AJMAN

anne-de-BretagneAnne de Bretagne (1477 Nantes-1514 Blois) Duchesse de Bretagne et Comtesse de Montfort (1488-1514) et d’Étampes (1512-1514) et, par ses mariages, archiduchesse d’Autriche, reine consort de Germanie (1490-1491), puis de France (1491-1498), puis de nouveau reine de France (1499-1514) et de Naples (1501-1503) et duchesse consort de Milan (1499-1500) et (1500-1512).

Elle était la fille de François II (1435-1488), duc de Bretagne, et de sa seconde épouse Marguerite de Foix (v. 1449-1486), princesse de Navarre.

ILE DE MAN

Gwen ha du-2Le Gwenn-ha-du, timbre émis à l’ocasion du Festival Interceltique de Lorient (issu d’un bloc du drapeau breton)

Le Gwenn-ha-du, nom donné au drapeau breton et signifiant « Blanc et Noir » est un drapeau récent dans l’histoire de la Bretagne. Il fut créé en 1923 par Morvan Marchal . Il s’agit d’une synthèse subtile des emblèmes que les Bretons utilisent depuis des siècles. Il est aujourd’hui utilisé et reconnu par tous les Bretons comme l’emblème fort de la Bretagne. Il représente la Bretagne et les Bretons à travers le monde.

TAAF

Monument à Hobart (Tasmanie), hommage aux navigateurs français

Hobart-TasmanieMarion-Dufresne appareille le 18 octobre 1771 de Port-Louis sur l’île de France (ancien nom de l’île Maurice). commande le « Mascarin », secondé par Julien Crozet, Ambroise Bernard-Marie Le Jar du Clesmeur est à la tête « du Marquis de Castries »

Jean-Michel Huon de Kermadec, (1748 Bohars – 1793 Balade-Nelle-Calédonie) navigateur français du XVIIIe siècle. Entré à 18 ans dans la Marine royale, il participe à la guerre d’indépendance des États-Unis.En 1791, il est choisi pour seconder Bruny d’Entrecasteaux dans sa tentative de retrouver Monsieur de La Pérouse, dont on était sans nouvelles depuis trois ans. Il meurt de la tuberculose pendant cette expédition.

ESPAGNE

Tiran-Lo-BlancDans la littérature catalane de la fin du Moyen Âge, le roman de chevalerie intitulé Tirant lo Blanc  est une des œuvres les plus célèbres d’un gentilhomme breton.
… «  Les aventures orientales du héros Tirant commencent précisément lorsqu’il décide, à la suite de l’appel du Grand Maître des chevaliers de Rhodes, de quitter sa terre d’origine, l’arthurienne Bretagne, et de se rendre à Rhodes afin de secourir les chevaliers assiégés… »
« Le premier vœu que Tirant prononce devant le roi de France, en posant la main sur le livre sacré de l’Évangile, est le suivant : « Je fais voeu à Dieu et à tous les saints du paradis et à mon seigneur le duc de Bretagne » , capitaine général de cette troupe, héraut du très excellent et très chrétien roi de France, d’être, moi, aujourd’hui, le premier qui sortirai en cette terre et le dernier qui s’en retirerai » (chap. 113). ..
… « si la quête chevaleresque de Jérusalem est, au début des aventures de Tirant, échangée en quête de Constantinople, il s’avère que Tirant meurt sans être empereur et que c’est dans un tombeau de Bretagne que se termine son histoire, là où elle a commencé ».
Le roman est traditionnellement attribué à un chevalier valencien, Joanot Martorell, né vers 1412-1413 à Gandie et mort à Valence en 1468. Écrit sans doute entre 1460 et 1468, ce roman raconte les aventures d’un chevalier breton mais lequel ?.

SAINT-PIERRE ET MIQUELON

St-Pierre-et-MiquelonDes Français venus de Bretagne, de Normandie et du pays Basque, pêcheurs pour la plupart, fondent Saint-Pierre ; Le drapeau local de Saint-Pierre-et-Miquelon représente La Grande Hermine, le navire sur lequel Jacques Cartier débarqua à Saint-Pierre le 15 juin 1536.
Sont reproduits en haut les drapeaux des trois principales régions d’origine des habitants
de l’archipel : Pays basque, Bretagne et Normandie. Le drapeau breton est le plus ancien, seulement d’argent chargé d’hermines de sable (sans le cantonnement du plus récent drapeau breton, avec ses fasces d’argent et de sable). Initialement les armoiries du Pays basque (français et espagnol) figuraient à la place du drapeau basque plus récent (mais plus facilement identifiable).

MONACO

SouleJeu de Soule
Ballon de cuir rempli de son ou de foin qui se lance à main nue ou avec le pied. C’est alors à celui qui a conservé assez de vigueur de s’échapper avec la soule, faiblement poursuivi par des rivaux exténués. Il a bientôt atteint la limite de la Soule en Bretagnecommune voisine où il doit poser le
ballon, obtenant ainsi le prix tant disputé
(Duron, La Bretagne catholique, 1856ds J.Mercier, Footb., 1966, p. 9). 

Dans le Trégorrois, elle fut même interdite sous peine d’excommunication.

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Gwen ha du-1B.

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Tous les textes et images nous sont aimablement proposés par Robert Fontaine, qui anime le site HistoPhilaBreizh. A suivre dès lundi prochain …

Les oubliés de St Paul immortalisés

Courant 2013, l »association « Faire vivre le souvenir des oubliés de Saint Paul » avait lancé l’idée d’émettre un timbre en hommage aux sept personnes, six hommes et une femme, ayant vécu cette tragédie aux Kerguelen. (voir nos articles sur cette tragédie)

Le projet a abouti et le timbre sera édité à 50.000 exemplaires à partir de septembre prochain. En voici le visuel (non définitif) dessiné par Elsa Catelin :

timbre Oubliés St Paul

Voir aussi l’article complet du Télégramme sur cette émission.

Dessin d'Emmanuel Lepage qui servira de support à la carte maximum

Dessin d’Emmanuel Lepage qui servira de support à la carte maximum

Et si on parlait TAAF ?

* Réception des dépêches postales en Terre Adélie

Depuis le 20 mai 2014, l’adresse d’expédition pour tous les plis et les colis à destination de la Terre Adélie a été modifiée : le courrier transite maintenant via l’aéroport de Roissy au lieu de celui d’Orly.
Les dépêches postales ont ainsi été bien réceptionnées le 1er novembre 2014 à l’arrivée de l’Astrolabe en Terre Adélie lors de la rotation R0.

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Les hivernants de Dumont d’Urville s’affairent autour des premières dépêches postales arrivées avec l’Astrolabe.

* Expédition radioamateurs FT4TA à Tromelin Lire la suite

La saga de la rentrée : les Oubliés de Saint Paul #4

PHILAPOSTEL Bretagne vous propose de vous conter en 4 épisodes cette tragique aventure qui, bien qu’ayant fortement marqué l’histoire des TAAF, reste souvent méconnue du grand public. C’est après avoir recueilli et regroupé divers documents et informations sur le sujet (voir les sources en fin d’article) que je suis en mesure de vous la présenter aujourd’hui.

Vous savez tout maintenant sur ces « Oubliés de Saint Paul ». L’histoire est-elle finie pour autant ? Un groupe de personnes, composé entre autres des descendants des survivants, souhaitent que la tragédie de ces oubliés … ne soit pas oubliée. Ils se sont regroupés en association, Faire Vivre le souvenir des Oubliés de Saint-Paul, et organisent depuis diverses manifestations pour honorer la mémoire de ces disparus.

Pour ne rien oublier

Il suffit parfois d’un acte administratif pour faire ressurgir l’histoire, qu’une tombe voit sa concession échoir pour que le passé revienne à la surface … Concarneau, 2011 : la mairie fait apposer sur deux des tombes du cimetière des affichettes « La concession est échue. Veuillez vous adresser à la mairie – Etat civil. ».

A priori Louise Le Meur n’a plus de descendance, son fils Louis surnommé « Lili » est décédé au Croisic en 1995, sa fille Maria est enterrée au cimetière de Paray-Vielle-Poste avec son fils et sa seconde fille Paule a été enterrée à Saint-Paul à l’âge de deux mois.

Par contre la famille de Julien le Huludut réagit immédiatement. Elle prend contact avec la mairie. Sa fille à Julien, Maryvonne vit en Drôme Provençale, sa nièce, Dominique seule est restée dans la région de Concarneau. Et voilà qu’à la Mairie, elles évoquent le passé « extraordinaire » de ces deux êtres, mais aussi le passé de 6 autres bretons et de 44 malgaches. Et soudain, elles prennent conscience qu’avec la fin de la concession des tombes concarnoises, un pan de l’histoire de la pêche va disparaître, que des gens « oubliés » vont être à nouveau oubliés. Pas un nom de rue n’évoque cet événement, pas une plaque, pas une stèle. Il existe dans les ports de France des stèles et des monuments pour les péris en mer, les Terre-neuvas sont honorés à Saint-Malo ou à Saint-Pierre. … Mais aucune trace dans aucune ville de France des « Oubliés de Saint-Paul ».

L’histoire pourtant en 1931 a fait la une des journaux. L’Ouest-Eclair, L’Humanité, L’Illustration et tant d’autres ont relaté le drame qui s’est déroulé dans les îles australes. La Justice s’est prononcée, des appels ont été interjetés, les coupables condamnés, les sanctions jamais exécutées. Et pourtant les instigateurs (Ndlr : les Frères Bossière) des activités ayant conduit à ces tristes événements sont encore considérés comme des explorateurs modèles, des entrepreneurs « qualifiés ». Des timbres perpétuent leur souvenir, le souvenir de leur usine à Kerguelen et celui de l’usine langoustière de Saint-Paul, mais rien sur les Oubliés.

Il est temps de parler de ceux qui ont subi les événements, le climat, la maladie, l’incurie des gestionnaires, la mort.

Voir aussi Pas de second oubli … – Ouest France

Timbre_UsineLangoustiere Timbre_FreresBossiere

Bientôt un timbre ?

La mobilisation se poursuit pour que les « Oubliés de l’île Saint Paul » ne tombent pas dans l’oubli une seconde fois. Un timbre pourrait être émis en 2015, en hommage aux trois survivants.

En 1930, six Concarnois et un Malgache avaient été abandonnés sur l’Île Saint-Paul, dans le sud de l’Océan indien. Trois y survivront. L’un deux, Julien Le Huludut, décédé en 1968, est aujourd’hui enterré au cimetière du centre-ville de Concarneau.

L’histoire ? Tragique et incroyable. En 1928, René Bossière, patron de la Langouste française, recrute des Concarnois pour pêcher la langouste. Une trentaine d’hommes et de femmes se portent volontaires dans la région. Après un long voyage à bord de l’Austral et une escale à Madagascar pour embarquer des Malgaches, ils débarquent sur l’île, rugueuse et ventée. Ils y construisent une conserverie. Après la saison de pêche sonne l’heure du retour. Sept d’entre eux acceptent alors de rester sur l’île pour entretenir les bâtiments. On leur promet un ravitaillement en produits frais dans les prochaines semaines. Ils attendront neuf mois. Entre-temps, quatre d’entre eux sont morts. Trois du scorbut dont un enfant, faute de fruits et légumes frais, et un par noyade.

À la mémoire des trois survivants

Les trois rescapés ? Louis Herlédan, Louise Brunou et Julien Le Huludut. La fille de ce dernier, Maryvonne Tateossian vit aujourd’hui à Valence. Sa petite-nièce, Dominique Virlouvet, à Rosporden. Elle remue aujourd’hui ciel et terre pour que Concarneau n’oublie pas les siens. Et le message passe. Quelque 530 personnes se sont déjà connectées via les réseaux sociaux pour soutenir le mouvement.

« Nous aurions voulu que la mairie prenne en charge la concession de Julien Le Huludut, échue depuis 1999, explique Dominique Virlouvet. Et valorise l’histoire des Oubliés à travers une plaque commémorative. Mais la mairie n’a pas donné suite, la tombe ne présentant pas d’intérêt architectural. »

La municipalité a pourtant tenu à honorer la mémoire des Oubliés de Saint-Paul. Le magazine communal, Sillage, a consacré, en juin, une double page à leur histoire. Et promet qu’elle sera citée dans les circuits du patrimoine lors des journées du patrimoine à l’automne prochain.

phila action St paul 18-11-2013 4Mais Dominique Virvoulet ne veut pas en rester là. Avec Bruno Boisguéhéneuc, investi lui aussi dans ce devoir de mémoire, elle a rencontré, il y a une quinzaine de jours, Pierre Couesnon, historien des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf), dans le but d’émettre un timbre en mémoire des trois survivants. « La prochaine commission philatélique aura lieu en octobre, indique Bruno Boisguéhéneuc. Le projet du timbre sera proposé au préfet administrateur supérieur des terres australes. Si la commission est d’accord, le timbre pourrait sortir en janvier 2015. »

Si le projet est validé, Pierre Couesnon devra élaborer un dossier complet. « Notre espoir est que le lancement du timbre se passe à Concarneau puisque c’est d’ici que l’histoire est partie », reprend Dominique Virvoulet. La mairie indique quant à elle « que bien sûr, si le timbre devait sortir, la Ville s’associerait à l’événement. »

Dominique Virvoulet espère toutefois qu’une fois le timbre émis, la mairie ira plus loin avec l’installation d’une plaque commémorative « pour tous les Oubliés de Saint-Paul » sur la tombe de Julien Le Huludut. Le groupe de soutien travaille par ailleurs sur le projet d’une commémoration sur le site même de l’expédition, à Saint-Paul.

Dernière minute 10 septembre 2014 : un timbre sur les « Naufragés de Saint Paul » est bien prévu dans le programme philatélique des TAAF 2015. Mais il ne s’agit pas vraiment de naufragés …

Voir aussi Un timbre en hommage … – Ouest France et l’article du Télégramme

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Article élaboré à partir d’informations et de documents de :

La saga de la rentrée : les Oubliés de Saint Paul #3

PHILAPOSTEL Bretagne vous propose de vous conter en 4 épisodes cette tragique aventure qui, bien qu’ayant fortement marqué l’histoire des TAAF, reste souvent méconnue du grand public. C’est après avoir recueilli et regroupé divers documents et informations sur le sujet (voir les sources en fin d’article) que je suis en mesure de vous la présenter aujourd’hui.

Après avoir découvert l’Ile Saint Paul et l’épopée des frères Bossière, puis écouté le récit de la tragique histoire des « Oubliés », intéressons-nous aujourd’hui au Navire ravitailleur « Ile Saint Paul » qui joua également un rôle dans cette histoire.

Au retour de l’Austral en mai 1930, les sociétés des frères Bossière affichent des résultats très déficitaires ; la campagne phoquière de Pêches Australes à Kerguelen a été très médiocre, ainsi que celle de la « Langouste Française » à Saint Paul, même si pour cette dernière, l’avenir semble prometteur. Les actionnaires sollicités ne veulent plus financer et les deux frères sont contraints de s’en remettre à la Banque de l’Union Parisienne qui prend ainsi le contrôle des sociétés et impose des restructurations très discutables.

Timbre_Austral

Jusqu’ici, le navire usine Austral assurait l’acheminement des langoustiers à Saint Paul et leur retour en France avec la production lors de sa campagne phoquière annuelle à Kerguelen. Cela permettait des économies en dépit d’inconvénients certains dont celui de rendre les deux sociétés dépendantes l’une de l’autre. La banque décide d’affecter l’Austral uniquement à l’activité phoquière à Kerguelen et d’acheter pour la « Langouste Française » à Saint Paul son propre navire. Il est en outre décidé que l’activité de l’usine langoustière serait permanente et que le navire assurerait la relève des personnels, le ravitaillement et le transport de la production.

C’est ainsi qu’en juillet 1930 est acheté à une compagnie maritime d’Oran un cargo de 24 ans d’âge, le Michel Mazella qui faisait du transport de fret entre l’Algérie, le Maroc et les ports français. Ce navire de 3 500 tonnes, de 64 m de long et jaugeant 1 064 tonneaux est rebaptisé Ile Saint Paul, et son commandement confié au capitaine Philippe d’Armancourt.

Toutes ces restructurations ont retardé le départ des navires et ne seront pas sans conséquences sur la suite des évènements. L’ Ile Saint Paul quitte le Havre le 18 octobre 1930 avec des pêcheurs bretons et le directeur de l’usine Pierre Presse. Après des escales à Djibouti, Tamatave où il embarque des ouvriers et ouvrières malgaches, puis à la Réunion, il atteint Saint Paul le 6 décembre 1930. Tous découvrent alors le drame des gardiens de l’usine laissés sur place lors de la campagne précédente en mars 1930 ; sur les 7 gardiens, 4 sont décédés du scorbut. Il est néanmoins décidé de relancer l’activité de l’usine. Lîle Saint Paul après avoir débarqué personnels et matériels repart sur Diégo-Suarez où il doit embarquer un chargement de charbon pour ravitailler à Kerguelen l’aviso Antarès qui effectue une mission de souveraineté dans les îles Australes.

Timbre_IleSaintPaulLe navire fait de nouveau escale à Saint Paul du 17 au 20 janvier 1931 avec à son bord le directeur de la « Langouste Française » Alfred Caillé et le géologue Edgar Aubert de la Rüe accompagné de son épouse, et qui doit effectuer une mission scientifique à Kerguelen. Le 27 janvier 1931, I’lle Saint Paul retrouve à Kerguelen l’Austral et l’Antarès. Puis, à quelques jours d’intervalle, l’Antarès et l’Ile Saint Paul font route sur Madagascar via l’île Saint Paul les 10 et 20 février où ils constatent le bon état sanitaire des langoustiers et l’intense activité de l’usine.

Mais peu après leur passage, le béribéri se déclare parmi le personnel de l’usine provoquant la mort de plusieurs ouvriers malgaches. En raison de la gravité et de l’urgence de la situation, et du fait que la venue de l’Ile Saint Paul depuis Madagascar serait trop longue, ordre est donné à l’Austral d’interrompre sa campagne à Kerguelen et de se porter immédiatement au secours des langoustiers. L’Austral évacue rapidement le couple Aubert de la Rüe et les bergers de Port Couvreux et arrive à Saint Paul le 4 avril 1931. Même si le médecin de l’Austral peut sauver de nombreux malades, la situation est telle qu’il est décidé de fermer l’usine et de rapatrier tous les personnels sur Tamatave (Madagascar).

Timbre_SaintPaulAvec 48 morts dont les 4 gardiens décédés durant l’hiver, le scandale est énorme. Par ailleurs la société ne peut plus faire face à ses dettes et toute reprise d’activité est exclue ; elle est mise en liquidation le 29 juin 1932. C’en est fini du rêve des Bossière dans les îles Australes.

De retour en France, l’Austral est vendu ; quant à I’lle Saint Paul, après avoir effectué quelques transports de fret entre Madagascar, Maurice et la Réunion, il est désarmé au port de la Pointe des Galets à la Réunion le 29 août 1932. Il est vendu aux enchères publiques par le tribunal de St Denis le 20 mars 1935 pour la somme dérisoire de 5 200 fr. Après avoir été livré aux ferrailleurs, la carcasse du navire est coulée en rade de Saint Paul à la Réunion.

A suivre : les « Ouliés de Saint Paul », et maintenant ? Dès demain !

Voir aussi : les nouvelles maritimes d’Ouest Eclair

Article élaboré à partir d’informations et de documents de :

La saga de la rentrée : les Oubliés de Saint Paul #2

PHILAPOSTEL Bretagne vous propose de vous conter en 4 épisodes cette tragique aventure qui, bien qu’ayant fortement marqué l’histoire des TAAF, reste souvent méconnue du grand public. C’est après avoir recueilli et regroupé divers documents et informations sur le sujet (voir les sources en fin d’article) que je suis en mesure de vous la présenter aujourd’hui.

« Les oubliés de Saint-Paul », c’est ainsi qu’ont été appelés les gardiens de la « Langouste Française », qui devaient veiller à l’entretien des installations pêchières durant l’hiver austral de 1930, sur l’île aux langoustes, un cratère volcanique redoutable, solitaire et sauvage, émergé entre la Réunion et l’Australie.

carte Saint Paul IGN 1Leur destin est symptomatique de la colonisation chaotique des îles australes par la France, depuis que Yves-Joseph de Kerguelen a crû y découvrir le continent d’El Dorado qu’espérait Louis XV.

Raconter le drame qui s’est noué dans cette île Saint-Paul permet à Daniel Floch, journaliste à Ouest-France, d’évoquer l’histoire de ces îles de la Désolation, les Kerguelen, mais aussi Crozet, Saint-Paul bien sûr, ainsi qu’Amsterdam.

Leur épopée humaine est brève, résumée à de multiples naufrages, aux espoirs, excès et erreurs de la pêche australe, puis désormais aux campements scientifiques, les seuls finalement qui savent s’y maintenir, avec le souci de composer avec une nature démesurément inhospitalière.

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Une nature démesurément inhospitalière

Le journaliste Floch le fait avec un soin documentaire peu lyrique et le moins d’extrapolations romanesques possibles. Le récit n’en est pas aride pour autant. S’il ne prétend pas accomplir un exploit littéraire, il rend compte de façon alerte et sensible des histoires qui serrent le cœur des gens de mer, ou de ceux, parfois les mêmes, qu’émeuvent les tragédies humaines, ou qu’indignent les injustices sociales.

A Saint-Paul, l’armateur havrais Bossière détient la concession de pêche des langoustes qui y pullulent. Étonnant entrepreneur, pionnier, aventurier, il croit dans le potentiel des terres australes, et malgré les nombreux épisodes tragiques qui ont précédé son entreprise, son projet d’y installer une activité industrielle de pêche prend forme en 1928. La langouste y est pêchée, décortiquée, et mise en boite.

Des dizaines de Bretons sont recrutés à force de promesses de confort sur place et de richesses au retour. Mais leurs rêves se dissipent dès la traversée, dans leur vieux navire où on les exploite déjà, et qui approche des eaux froides du sud, puis se fracassent sur la réalité d’une île hostile où tout est à construire, dans des conditions pénibles. Beaucoup reviennent amers de cette première campagne.

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L’usine langoustière

Pourtant à la saison suivante, il se trouve à nouveau des volontaires pour changer de vie, et espérer ramener de cette opération suffisamment d’argent et se sortir de la misère. Bossière a obtenu en plus cette fois le droit de recruter des Malgaches, encore moins coûteux, et des femmes.

Habitation_pecheur

Habitation de pêcheur

La pêche est aussi miraculeuse qu’on le prédisait ; les conditions de vie sur l’île bien moins belles qu’il ne l’avait été promis en revanche. Or quand s’est approché l’hiver austral, la campagne de pêche a pris fin, l’essentiel des pêcheurs est remonté sur le bateau qui va les ramener au pays, mais, contrairement à l’année précédente, il est demandé des volontaires pour rester sur place et veiller sur les installations jusqu’à la saison suivante. Nous sommes en mars. Un bateau devra repasser en mai pour ravitailler les gardiens, et d’autres encore, avant la prochaine campagne.

Six Bretons et un Malgache se déclarent prêts pour cette mission : le couple Brunou, Louise et Victor, François Ramamonzi, Emmanuel Puloc’h, Julien Le Huludut, Pierre Quivillic et Louis Herlédan.

Il faut citer le nom de ces jeunes victimes (Louise en est la doyenne du haut de ses trente-deux ans). Ce ne sont pas des personnages de roman. Ces gens ont existé, souffert, et pour quatre d’entre eux, sont morts, du fait de l’inconséquence d’un armateur, de son adjoint, d’un recruteur-contremaître, des actionnaires et des banquiers de la « Langouste Française ». Le livre ne cherche pas le suspens : on sait que la promesse de ravitaillement ne sera pas tenue, que les sept langoustiers vont rester des mois sur Saint-Paul, oubliés de tous, et y désespérer, alors que les symptômes du scorbut leur annoncent une issue fatale.

Il y a d’abord eu cinq morts parmi les prisonniers de cette île sans végétation cultivable : François, Emmanuel et Victor, foudroyés par le scorbut ; Paule, le bébé de Louise et Victor, qui n’a survécu que deux mois ; et Pierre, perdu en mer sans que l’on sache si la houle l’a fait chavirer accidentellement ou, comme l’ont ensuite relaté des journaux de l’époque, s’il a mis lui-même un terme à une mort lente et qui lui paraissait – à tort finalement – inévitable.
Rappelons aussi que des bergers, Normands eux, sont morts au même moment aux Kerguelen, dans l’indifférence en regard du scandale que provoquera le supplice des « Oubliés de Saint-Paul ».

OubliesStPaul_livreSouvenons-nous enfin que le navire qui est revenu sur l’île pour la nouvelle saison a certes sauvé Louise, Julien et Louis, mais aussi apporté un contingent d’ouvriers malgaches dont plus de trente vont bientôt crever du béribéri.

En métropole, les suites judiciaires scelleront certes le sort des pêcheries Bossière, mais elles aboutiront à des procès indignes, statuant sur des indemnités dérisoires et inéquitables, qui ne seront en outre jamais versées aux Bretons survivants ; ne parlons pas des victimes malgaches … ou simplement de Pierre Quivillic, dont la mort ne pouvait être de la responsabilité de la « Langouste Française »…

Les victimes deviennent coupables de leur sort, aggravé par la méconnaissance des carences dont ils ont souffert, et qui auraient peut-être pu être évitées si…

Mais était-il responsable de laisser sans médecin une telle troupe sur l’île ? Comment a-t-on pu leur promettre de passer en mai pour mieux les convaincre d’accepter la mission, puis les livrer à eux-mêmes neuf mois durant, dans le vent dévastateur et glacial de l’hiver austral ?

C’était au tiers du XXe siècle. Et c’était aussi cela la France d’alors.

A suivre : le navire ravitailleur « Ile Saint Paul » dès jeudi prochain !
Voir aussi : le récit du Télégramme

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