Retour sur les Rencontres philatéliques rennaises

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Ces secondes rencontres se sont déroulées comme l’année dernière à l’Espace des Deux Rives à Rennes, ici les préparatifs de la salle et les remerciements aux membres bénévoles de l’Amicale Rennaise Philatélique, PHILAPOSTEL Bretagne, le Philatelic Club de Vern et l’association Grégorienne de Philatélie.

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Dans l’attente de l’arrivée des participants, l’assemblée s’est rassemblée autour d’un café, gracieusement servi par une jeune philatéliste Suzon.

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Sur la photographie ci-dessus, André METAYER, en pleine discussion avec le Président de la Fédération Française des Associations Philatéliques, Claude DESARMENIEN, venu soutenir la manifestation.

André a également remercié le soutien de l’Académie Européenne de Philatélie, du Groupement Régional des Associations Philatéliques de Bretagne, de la Ville de Rennes, ainsi que les encouragements du Club Franco-Britannique, dont son président Robert MARION (photo ci-dessous), invité d’honneur, débuta la séance.

RPR04Robert MARION nous fit découvrir les « Relations postales de l’Ile Maurice de 1680 à 1838 », 1838, est l’année de l’abolition de l’esclavage dans l’île. Grand Vermeil à l’exposition internationale EUROPHILEX 2015 de Londres. L’Isle de France deviendra l’Île Maurice après l’occupation anglaise en décembre 1810 jusqu’en 1838.  Certaines lettres font référence à notre département, l’Ille et Vilaine du fait des relations maritimes antre l’île et Saint-Malo dont une du célèbre corsaire, Robert SURCOUF.

Robert nous montre une lettre (sans doute la seule connue) de 1806 de Charles Pritchett, prisonnier anglais détenu à Maurice où il se maria après avoir été libéré en 1834.

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Ensuite, Henk SLABBINCK évoque un sujet qui lui est cher sur la « La Grande Pêche : les navires hôpitaux ». La fin du 19ème siècle voit la mise en service, via la Société des Œuvres de Mer,  de navires hôpitaux pour apporter assistance aux marins séjournant dans les parages du Groenland, de l’Islande, de Terre-Neuve et de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ces bâtiments jouaient un rôle très important pour le moral des marins, la distribution gratuite des lettres mais aussi la récupération auprès des marins des lettres à envoyer en Europe, le plus souvent, c’est l’aumônier, comme le RP YVON, qui les apportait sur place, rompant  ainsi leur isolement. Les courriers sont reconnaissables au grand cachet des œuvres de la mer (violet ou bleu) où figurait aussi le nom du navire-hôpital. Souvent, les lettres envoyées par les pêcheurs à leur famille en Europe n’étaient pas affranchies ce qui explique la présence de nombreuses lettres taxées.

Des sociétés privées telles « La Morue Française » ou encore les maisons de commerce « Daudeuf Frères et Maisons Dubois » ainsi que la marine française jouèrent le même rôle d’assistance en mer.

RPR06Michel DUGUEN nous fit découvrir les correspondances sur « la ligne Le Havre – New York, 1908 – 1939 (en raison de la première guerre mondiale, d’avril 1915 à février 1919, Bordeaux remplaça Le Havre) et ses différents cachets apposés sur les correspondances à bord des transatlantiques. »

Avant 1908, les lettres étaient confiées au bureau de poste du port où se trouvait le paquebot, puis à partir de 1908,  elles étaient prises en charge à bord, le transatlantique devint ainsi un véritable bureau de poste.

Michel nous présente une lettre-océan, des levées exceptionnelles, le catapultage, les bateaux de  croisière comme le NORMANDIE, les différentes brigades reconnaissables par leurs lettres de A à F. La seconde guerre mondiale mettra fin provisoirement à cette ligne maritime.

RPR07Ensuite, Daniel MINGANT, grand voyageur, évoque une histoire extraordinaire qu’il a pu reconstituée avec talent, le périple d’un trois mâts construit à Saint-Malo, « L’HELOISE », navigant à travers le monde contenant 377 tonneaux au travers de trois voyages de novembre 1859 à août 1866.

Cette reconstitution a été possible grâce à la découverte d’une malle de bois cloutée (eh oui, c’est encore possible de nos jours !!), contenant les archives des différents capitaines de ce navire dont le livre de bord, mais, surtout pour nous philatélistes, tous les courriers que ce soient ceux de l’armateur de Saint-Malo, de la famille de Roscoff (29) et des affréteurs des Indes ainsi que les doubles des réponses du capitaine Alcide Lahalle.

Le premier capitaine Rogerie était devenu inapte lorsqu’il a sombré dans la démence !!!.

Le troisième voyage part de Saint-Malo à Cardiff puis vers les Amériques et retour en Europe en passant par la Réunion, Port-Louis, l’Australie, les Philippines, Cap sur GUAM et Pondichéry d’avril 1863 à mai 1866. Que d’endroits qui font rêver.

En exploitant les courriers, on se rend compte de la dureté du métier de la mer et ses dangers multiples, le devoir permanent de la rentabilité économique et les dures exigences de l’armateur, la veuve de Charles Michel, bien connu à Saint-Malo. Une présentation extraordinaire.

André poursuit avec la correspondance de prisonniers de guerre anglais au cours des guerres révolutionnaires et napoléoniennes (1793-1814).

Les conflits entre l’Angleterre et la France se déroulèrent pendant plus de 20 ans une (1793 à 1815) à l’exception de la période d’Amiens de 1802 à 1803. Le nombre de lettres connues est déjà très faible dans le sens France – Grande-Bretagne ou Irlande, mais rarissime dans l’autre sens.

Ces courriers étaient soumis à la censure : Cabinet Noir à Paris et Transport Office à Londres et étaient acheminés par l’intermédiaire de représentants anglais des prisonniers de guerre. La voie habituelle de Calais à Douvres (et vice-versa) était fermée, seule la voie diplomatique était possible. Cependant, des voies détournées étaient utilisées comme les voies de Hollande et de Hambourg (accord avec l’organisation multiséculaire de Tour et Taxis jusqu’en 1806), ou celle de contrebandiers ou de pêcheurs qui traversaient clandestinement la Manche.

RPR08André insiste sur le contenu des lettres où on apprend les conditions de détention. Enfin, il évoque l’histoire extraordinaire d’un capitaine anglais, Charles de Havilland, capturé au large de Capri qui séjourna principalement à Verdun, passa par Guéret en 1814 avant d’être libéré puis par Nantes (il rencontra son cousin, Thomas Dobrée, célèbre armateur et négociant de la ville) et Saint-Malo avant de rentrer chez lui à Guernesey

Alain MILONE nous explique « De quoi la Sénégambie et Niger est-elle le nom ? » de 1902 à 1906.

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Il commence par l’évocation de l’aspect historique de cette partie de l’Afrique Occidentale Française par les timbres des timbres de l’ex Soudan français utilisés à partir du 8 novembre 1802 puis ceux de SENEGAMBIE et NIGER  émis à partir de 1903 mais mis en service tardivement.

Dominique Reynaud nous évoque les questions postées par une lettre non affranchie née au bureau de distribution de Malansac et adressée à Questembert, taxée avec un chiffre-taxe carré à 15 c, oblitéré du timbre à date du bureau de Rochefort en Terre.

Après une restauration bien méritée, sous forme de plateau-repas végétarien,  Jean-Claude Vasseur nous évoque sa collection « Terre Neuve : La Poste Aérienne Transatlantique de 1919 » qui a obtenu le Grand Or à Londres en mai dernier.

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Suite au défi lancé par le « Daily Mail » de Londres, quatre appareils se présentèrent à Terre-Neuve au printemps 1919 pour traverser l’Atlantique Nord. La poste de Terre-Neuve se saisit de l’événement et confia à chaque appareil quelques paquets de lettres dans l’espoir d’avoir transporté la Première Poste Aérienne Transatlantique.

RPR11Jean-Claude a réussi à retrouver toute une série de lettres très rares témoignages de ces épopées.

Echecs et succès de ces tentatives sont, probablement, à l’origine des plus extraordinaires documents de la Poste Aérienne :

  • Harry G Hawker et son navigateur le Lt Com Mackenzie-Grieve, échec au milieu de l’océan,
  • Major « Freddie » P. Raynham et son navigateur, le major Morgan, blessés au décollage,
  • Cpt John Alcock et son navigateur, le Lt Arthur Whitten-Brown, traversée de l’Atlantique entre le 14 et 15 juin 1919.
  • Vice-Amiral Mark Kerr, co-pilote Major Brackley et le major Gran échouèrent à décoller le même jour (14 juin) avant de s’élancer vers New York pour une tentative via les Açores et Gibraltar, qui s’achèvera en Nouvelle Ecosse.

Jean-Claude est intarissable sur ce sujet. Il pourrait nous en parler pendant des heures !.

Pierre COUESNON nous informe sur  « les différentes étapes de la conception d’un timbre des TAAF jusqu’au bon à tirer. » Un sujet passionnant rarement évoqué.

Les timbres des Terres Australes et Antarctiques Françaises sont réputés pour leur qualité artistique. Presque toujours imprimés en taille douce, ils illustrent parfaitement le travail minutieux du dessinateur et du graveur pour aboutir, depuis une série de documents préparatoires, aux croquis, maquettes et épreuves qui conduisent au projet adopté, finalisé avec le bon à tirer de l’imprimerie.

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Il nous a présenté trois artistes :

  • le plus célèbre Yves BEAUGEARD, qui œuvre au crayon de papier et il est spécialiste du portrait,
  • Elsa CATELIN, travaillant à PERRIGUEUX pour Phil@poste,
  • Pierre ALBUISSON, président de l’association « l’Art du timbre gravé ».

Ces chefs d’œuvre miniatures que sont mes timbres postes gravés sont exécutés pour une prestation faiblement rémunérée.

Nous essaierons d’inviter l’année prochaine un artiste participant à la création d’un timbre-poste.

RPR13Claude RIBIERE poursuit avec  «  la petite histoire des timbres préoblitérés en France ». Un aspect de la philatélie négligé bien à tort.

Le droit de timbre pour les journaux fut créé en 1798 sous le Directoire, maintenu jusqu’en 1871. Après la chute du second Empire, cet impôt fut matérialisé tout d’abord par un timbre humide apposé sur le papier vierge avant l’impression des journaux, puis par un timbre spécifique collé sur le papier avant impression du journal. Les timbres dits pour journaux avaient la particularité d’acquitter à la fois la taxe fiscale et le port jusqu’en avril 1908.

Profitant de l’expérience de pays étrangers (Etats-Unis notamment), divers essais de pré-oblitérations furent tentés en France, en 1893 (non concluants), puis en 1920-1921. Ils aboutirent à la mise en place de timbres pré-oblitérés, procédé encore en application de nos jours.

Nous découvrons des particularités : taxes de Lyon, l’agence Havas de Versailles, de certaines circulaires électorales, les préoblitérés de Metz sous l’occupation allemande de 1941-1942, et les timbres taxe de recouvrements entre 1908 et 1945.

Un sujet à découvrir, en toute certitude.

RPR14Didier ANDRIVON nous expose le sujet « des courriers affranchis par timbre-poste des bureaux de quartier de Paris de 1852-1863 ».

Au 1er janvier 1852, l’administration postale décida d’abandonner l’anonyme grille oblitérant les timbres au profit des losanges  « petits chiffres » pour les bureaux de province, elle dota le Bureau centra de Paris de l’Etoile muette et les bureaux de quartiers de losanges à lettres gravées en caractères romains, puis bâtons. Ces losanges serviront jusqu’au début du mois de septembre 1863, date de leur remplacement par les Etoiles chiffrées.

Sa présentation est divisée en quatre parties :

  • Janvier 1852 au 31 mars 1856, courrier déposé dans les boites de quartier est levé par des facteurs du bureau central,
  • 1er avril 1856 à mars 1860, seuls les bureaux d’arrondissement (A à K) traitent l’ensemble du courrier déposé dans leur arrondissement postal,
  • Mars 1860 à septembre 1863 tous les bureaux de quartier travaillent l’ensemble du courrier déposé dans leur arrondissement postal,
  • La dernière partie traite de cas particuliers.

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Pierre Dominique REY à droite explique ici à Michel Muret (philatéliste mais aussi cartophile)  « les tarifs postaux en usage en Gironde » de 1849 à 1876.

L’introduction du timbre-poste en France, le 1er janvier 1849, s’est accompagnée d’une refonte complète des tarifs postaux.

Ces tarifs ont ensuite évolué, entre augmentation (le plus souvent) et (rares) diminutions, jusqu’à l’entrée de la France dans l’Union Générale des Postes en 1876.

Cette magnifique présentation appréciée de tous illustrée par des documents de grande qualité l’évolution postale de la période 1849-1876 riche en tarifs et en divers documents passionnants.

RPR16Pour information, les premières boites mobiles virent le jour sur le département de la Gironde avant d’être instituées sur l’ensemble du territoire national et furent arrêtées en 1911. Nous profitons aussi du très beau livre écrit par Pierre sur les nombreuses boîtes mobiles de ce département.

Claude DESARMENIEN, Président de la FFAP remercie l’organisateur de cette magnifique journée pour évoquer la philatélie par le biais de cette rencontre.

Le message est d’aller au devant des gens pour évoquer notre passion et nous communique les dates d’échéances à venir : 19 au 22 mai à PARIS (2 fois plus d’exposants, compétition d’érinnophilie) et « TOUL Passion » du 19 au 23 octobre.

André termine la séance en évoquant la 3ème rencontre qui se tiendra le 21 janvier 2017 au même endroit et avec la même bonne humeur. Invité d’honneur : Guy DUTAU de Toulouse qui nous fera découvrir l’une de ses nombreuses collections : LA GRANDE PESTE DE MARSEILLE 1720-1723.

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Une photo avant de se quitter et avec bien l’intention de se retrouver avec plaisir l’année prochaine.

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Une réflexion au sujet de « Retour sur les Rencontres philatéliques rennaises »

  1.  » Rencontres  » très documentées et très enrichissantes un vrai plaisir de lire le compte rendu.

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