Qui était Robert Picqué ?

Mort en Gironde il y a 95 ans, il a donné son nom à l’hôpital militaire de Bordeaux : qui était Robert Picqué ?

Ce mercredi, on commémore le 95e anniversaire de sa mort dans un accident d’avion à Marcheprime, en Gironde. Le saviez-vous ? Héros méconnu, ce chirurgien militaire a marqué l’histoire de l’aviation sanitaire
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Portrait de Robert Picqué (1877-1927) sur une carte postale ancienne. © Crédit photo : DR

Né à Paris en 1877, Robert Picqué a fait une grande partie de sa carrière de médecin

militaire en Gironde, à Bordeaux et à Talence. À sa sortie de l’École du service de santé militaire de Lyon, en 1899, il entre à l’École d’application du service de santé militaire au Val-de-Grâce dont il sort agrégé de chirurgie en 1906.

Nommé à Bordeaux puis à Talence

C’est en 1913, à 36 ans, une fois obtenu un doctorat ès sciences et l’agrégation d’anatomie et d’embryologie des facultés de médecine, qu’il est nommé à Bordeaux. Il enseigne l’anatomie à la faculté mixte de Médecine et de Pharmacie et, en parallèle, il prend la charge d’un service hospitalier de chirurgie à l’hôpital militaire Saint-Nicolas. Cette année-là, il publie un « Traité pratique d’anatomie chirurgicale et de médecine opératoire ».

Medecine_militaire_1951Pendant la Première Guerre mondiale, bien qu’inapte à faire campagne pour raison de santé, il obtient d’être affecté dans des postes chirurgicaux avancés, dont celui de Beaurieux petit village à l’extrême Est du fameux Chemin des Dames. Après le conflit, décoré de la croix de guerre 1914-1918, il reprend ses fonctions professorales et la direction d’un service de chirurgie près de Bordeaux : en 1919, Robert Picqué est nommé médecin chef à « l’hôpital chirurgical complémentaire de Talence ».

Pionnier de l’aviation sanitaire dans le Sud-Ouest

En temps de guerre, la rapidité de la récupération des blessés pour les soigner au plus vite a toujours été considérée comme un facteur déterminant de leur survie. Recevant des blessés ayant souffert de longs délais de transport, Robert Picqué propose de les évacuer en avion comme cela se pratiquait au Maroc et au Levant. Le général de l’air Félix Marie commandant le centre de Cazaux lui fait affecter deux avions, et lui adjoint un sous-officier pilote, Goegel, qui ne le quittera plus. Lui-même devient officier observateur et reçoit un carnet de vol.

Afin de mettre en place un réseau d’évacuation sanitaire aérienne rapide et efficace, il recense les terrains d’atterrissage possibles dans les cinq départements de la 18e région militaire du Sud-Ouest (Basses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Gironde, Landes, Charente-Maritime) et met ainsi en place le secours aérien dans les cinq départements de sa circonscription militaire. Ce pionnier de l’aviation sanitaire (dont la création revient au médecin et parlementaire Chassaing) participe à la plupart des congrès nationaux et internationaux, tant en Europe occidentale qu’au Canada et aux États-Unis, et pratique lui-même de nombreuses évacuations sanitaires.

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L’hôpital militaire, rue Saint-Nicolas à Bordeaux Ed. Delboyn, 1906. Archives de Bordeaux-Métropole

Le 1er juin 1927, le médecin principal de 1ère classe Robert Picqué quitte Talence pour se rendre à Cazaux, pour intervenir auprès d’une future maman en situation médicale critique. Sur le retour, son avion est pris dans le mauvais temps et son moteur prend feu. Pour échapper aux flammes, le médecin chirurgien tente de gagner l’arrière de l’aéronef que le pilote s’efforce de diriger. Obligé de sortir de l’habitacle, handicapé par une maladie neurologique chronique, il bascule de l’avion et meurt en tombant au-dessus d’un bois, près de la commune de Marcheprime. Ironie du sort, l’appareil, lui, parvient à se poser.

CPA_picque3Sa mort, à 50 ans, suscite une grande émotion en France et même dans le monde. Des obsèques solennelles sont célébrées à Bordeaux et à l’hôpital militaire le Val-de-Grâce, à Paris. Le ministre de l’armée Paul-Painlevé parle alors « d’un savant remarquable », d’un « apôtre de l’aviation sanitaire », « d’un médecin soldat ».

De Robert-Picqué à « Bahia »

Robert Picqué repose à Paris, au cimetière du Père-Lachaise. En sa mémoire, une stèle a été érigée à Marcheprime, sur les lieux de l’accident, et une plaque commémorative installée dans le cloître du Val-de-Grâce. Regroupé avec la Maison de santé protestante de Bordeaux, l’hôpital d’instruction des armées situé à Villenave-d’Ornon qui porte son nom, va donner naissance au deuxième pôle hospitalier de la Métropole bordelaise après le CHU.

Source : SudOuest

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