Il a crevé la « Une » !

Suisse_TribuneEn 1907, un petit chien crève la Une de la « Tribune de Genève » !

La mode des cartes postales représentant la une «éclatée» d’un journal a fait rage dans les premières années du XXe siècle. Le collectionneur troinésien Serge Ramel nous a autorisés à reproduire celle au petit chien. Il en possède plusieurs qui figurent dans son bel ouvrage paru en 2006 «La carte postale dans le canton de Genève de 1870 à 1916». Chaque titre existant à cette époque a la sienne.

D’abord – à tout seigneur tout honneur – le regretté «Journal de Genève», qui a droit en 1902 à une image montrant le Monument national du Jardin anglais apparaissant au milieu de sa première page déchirée. Les statues de Genève et de la Suisse fixent la Rade de leurs yeux de bronze depuis 1869.

France_Intransigeant

En France aussi ! Carte postale du journal « l’Intransigeant » éclaté par son directeur (1902)

«Le Genevois», organe du Parti radical fondé en 1875 par le tribun Georges Favon, a aussi sa carte. Publiée en 1902 par W. Chenevard, éditeur à Genève, celle-ci montre la une du quotidien percée de manière à dévoiler le pont du Mont-Blanc et une partie de l’île Rousseau.

Légère variante pour «La Suisse», qui est toute jeune lorsque sa carte publicitaire sort en 1905. Lancé en 1898, ce nouveau journal se présente avec deux déchirures. Celle du haut laisse apparaître les immeubles bordant la rue du Mont-Blanc, l’autre dégage un espace pour une signature ou un texte court.

Quant à la carte de «La Tribune de Genève», la plus récente de la série, c’est aussi la plus réussie! Disons-le sans chauvinisme, qui peut résister aux yeux interrogateurs et à la truffe luisante du petit chien de la Julie?

Cette image est aussi la plus réaliste, car on imagine sans peine le fougueux animal déchirant lui-même le papier journal pour glisser sa tête au milieu des petites annonces par dizaines.

Portugal_OSeculo

La Une du journal « O Seculo » éclatée au Portugal en 1902

Cette publicité en dit long sur l’allure de notre quotidien en 1907, une trentaine d’années après son lancement. Rappelons que ce dernier a lieu le 1er février 1879, à l’initiative de James T. Bates, un riche Américain de Boston marié à une Genevoise. C’était il y a tout juste 140 ans (voir «Tribune» des 27-28 avril 2019). Si la une du 1er février 1879 est remplie d’informations variées, genevoises et suisses, la Julie du tournant du siècle n’exhibe que des annonces payantes en première page. Celle des 27 et 28 août 1899, par exemple, ne contient plus un seul article rédactionnel.

On y vante le «lait viking stérilisé et condensé sans sucre» (Nestlé, déjà!), les «produits du pin sylvestre contre les rhumatismes et la goutte», la poudre «La Fédérale» pour fortifier les pieds des militaires, de l’huile acoustique contre la surdité, des soupes Maggi, du cacao à l’avoine de Kassel.

S’y trouvent pêle-mêle des petites annonces dont certaines très exigeantes, comme par exemple: «Un ouvrier doreur-encadreur sérieux, sachant jouer de la clarinette, hautbois et saxophone, trouverait emploi chez un doreur-encadreur, à Montreux. Travail assuré. Inutile de se présenter sans les bons renseignements.»

Source : Tdg

 


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