Les timbres les plus rares de France #1

Des professionnels de la philatélie se sont prêtés à ce jeu faisant appel à la mémoire, à la connaissance, à l’expérience : déterminer les timbres les plus rares de France, ou plus précisément, les plus difficiles à trouver.

rare00Le résultat : une sélection de raretés présentées ici sans aucune forme de classement.

Voici ces figurines rassemblés par l’impitoyable loi du plus petit nombre. Timbroscopie vous propose de déguster ce cocktail aux essences les plus rares, avec les yeux seulement car leur valeur est inestimable.

N° 84 – 1c Sage « Bleu de Prusse »

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Le plus rare parmi les « Sage »

« Il est logique de le citer ici, explique un négociant, même si on le rencontre assez fréquemment. Le bleu de Prusse neuf en belle qualité est un timbre excessivement rare. Regardez ceux qui sont reproduits dans les catalogues de vente : ils ne réunissent que très rarement les critères de qualité habituels : gomme intacte, centrage et dentelure parfaites, intensité de la nuance et fraîcheur ».

A ce commentaire, nous pouvons ajouter que la rareté du Bleu de Prusse est liée à son très faible tirage réalisé par l’imprimerie alors qu’elle dépendait encore de la Banque de France. On sait également que l’impression du 1 c dans cette nuance si particulière a duré très peu de temps. La date d’utilisation la plus ancienne : le 13 septembre 1880.

Taxe n° 1 – 10 c lithographié

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C’est la gomme qui est rare !

Beaucoup de professionnels avouent avoir vu ce timbre deux à trois fois dans toute leur carrière. Attention, non seulement nous parlons du timbre neuf mais de celui pourvu de la gomme d’origine !

Cette rareté n’est pas usurpée et s’explique par les raisons suivantes :
– le timbre n’était pas vendu au public (seuls les facteurs en disposaient) ;
– il a été utilisé jusqu’à épuisement (environ six mois) donc pas de reliquat récupérable ;
– son tirage, en lithographie, a dû être faible. Le no 2, le 10 c typographié, commence déjà à le remplacer dès le mois de février 1859, soit un mois après sa mise en service le 1er janvier. Quant aux 10 c lithographiés neufs sans gomme que l’on rencontre plus souvent, ce sont en fait des timbres qui ont échappé à l’oblitération et que l’on a décollé de leur support.

Préoblitéré n°23 – 75c type Sage surchargé de 4 lignes avec millésime

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Trois ou quatre (?) pièces connues

Un certain nombre de timbres français sont cotés 4.500€ et plus, mais bien peu sont aussi rares que ce préo.

Combien en connaît-on actuellement ? Il existe une paire horizontale au musée de la Poste à Paris. Cette pièce est connue depuis longtemps, elle appartenait à la collection Morel d’Arleux.

En 1964, le public découvre un troisième exemplaire dans les cadres de l’exposition « Philatec ». Authentique ou faux ? les experts n’ont pas pu examiner le timbre. Enfin, il y a tout juste un mois, un 75c Sage préo est découvert dans une collection ; dûment expertisé et signé (c’est l’exemplaire reproduit ici) le timbre est vendu à un amateur. Mais un point reste à élucider : ce timbre est-il celui exposé à « Philatec 1964″ ou bien un quatrième exemplaire ?

N° 68 – 25c outremer Sage (type 1)

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Le dauphin du Bleu de Prusse

Sa cote le place en seconde position derrière le Bleu de Prusse parmi tous les « Sage » émis. Mais, contrairement à ce dernier, il est assez commun oblitéré : preuve qu’il a beaucoup servi et été très peu conservé. N sous U, N sous B, les collectionneurs contemporains de ce Sage se soucient peu des problèmes de types. Cette négligence des anciens s’avère aujourd’hui très payante : 11.500€ pour le type 1 (N sous B) contre 650€ pour le type Il (n°78 N sous U).

En belle qualité, le 25c outremer est rare mais il souffre sans doute de la notoriété du Bleu de Prusse. On lui connaît une variété excessivement rare : les deux types I et Il se tenant. Une pièce inconnue à l’état neuf.

Préoblitéré n° 69 – 30c vert Paix

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Un non-émis souvent imité

Il n’a jamais servi. Il est rare même si l’on ignore toujours le nombre exact de feuilles (de 100 exemplaires) ayant été mises sur le marché.

Préparé pour remplacer le Pasteur de même valeur, ce type Paix ne fut jamais émis car les stocks de 30c restants furent largement suffisants pour couvrir la demande.

Au moment de l’incinération, un certain nombre de feuilles échappèrent à la destruction et se retrouvèrent sur le marché. les 8.500€ que lui attribuent les catalogues correspondent bien à son niveau de rareté. Ils pourraient même être majorés lorsque la figurine est parfaitement centrée et pourvue d’une gomme intacte.

N° 7 – 1F Vermillon Cérès de 1849

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Toujours le numéro 1

Il possède un nom comme d’autres raretés mondiales et est plus connu sous son vocable de « Vermillon » que par son numéro au catalogue, même si celui-ci est le 7, un chiffre que certains considèrent comme porte-bonheur.

« Si l’on parle des Vermillons en général, il est certain que ce ne sont pas des timbres très rares. Mais si l’on recherche une nuance particulière, un Vermillon très vif par exemple, neuf, bien margé, impeccable, cela devient extrêmement difficile… même en étant prêt à payer le prix fort ! Personnellement j’en recherche un depuis deux ans déjà! » explique un négociant connu.

Pour illustrer ce commentaire, nous pouvons citer le prix record de 300.000F (45.700€) atteint par un Vermillon en parfait état avec gomme d’origine presque intacte, lors d’une vente aux enchères en Suisse en mars 1987.

Journaux n° 4 – 5c lilas 

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On les compte sur les doigts de la main

Son degré de rareté est équivalent à celui du taxe n°1 à l’état neuf. Mais, plus que ce dernier, ce timbre, dès l’origine, était prédestiné.

Il s’est très mal vendu en raison de sa valeur faciale élevée pour la taxe et l’affranchissement des journaux qui, depuis toujours, ont bénéficié d’un tarif postal préférentiel particulièrement bas.

Nombre d’éditeurs de journaux parisiens contournèrent cette taxe élevée en se faisant imprimer ailleurs !

Du reste, parmi les six timbres journaux à 5c jamais émis, un seul existe oblitéré, le violet dentelé et encore n’eut-il qu’un usage très confidentiel.

N° 33 – 5 F gris Empire Lauré

En belle qualité, c’est un objet rare. Sa valeur: entre 9.000 et 11.000€ neuf. Peut-être plus si ces nuances sont vives. Le 5 F peut en effet varier du gris-violet au gris-lilas en passant par le gris-bleu !

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Un grand parmi les classiques

Ce timbre fut un échec commercial en son temps : 1,2 million d’exemplaires mis en circulation sur plus de 4,5 millions fabriqués. Un timbre qui a souvent mal vieilli dans les classeurs des guichetiers parce que peu souvent acheté en raison de sa forte valeur faciale.

Un timbre devenu rare aujourd’hui parce que très fragile : un papier qui se froisse aisément, des dents qui se cassent, une gomme qui s’altère, une couleur qui « passe » facilement. Autant de petits accidents qui amenuisent le nombre de spécimens de belle qualité.

Et vous, lesquels possédez-vous ? Suite et fin la semaine prochaine …

Source : Timbroscopie


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