La Chalotais #4

Le 63è Congrès Régional 2017 du GRAPB réunira les 27 associations fédérées à Vern sur Seiche les 3 et 4 juin prochains. A cette occasion seront proposés des timbres et souvenirs rendant hommage à La Chalotais, personnage illustre de la Bretagne que je vous invite à découvrir ci-après.

(4ème et dernière partie)

La Chalotais et Vern sur Seiche

Mais La Chalotais ne fut pas seulement la figure emblématique bretonne décrite précédemment. En effet, il fut aussi un notable propriétaire et un agronome émérite. La mort de son père en 1752, suivie, deux ans après, de celle de son frère aîné, fit de lui le châtelain de Caradeuc. Il possédait deux autres beaux domaines, celui de St-Benoît-des-Ondes, acheté vers 1740, et celui du Plessis de Vern, qu’il acquit en 1742.

ManoirPlessis

Manoir du Plessis – Vern sur Seiche

 

La façade sud du bâtiment principal est percée de sept portes et de sept fenêtres ; la façade nord comporte l’écusson de Louis XV accoté d’ornementations végétales. Un second édifice plus vaste, doté d’une toiture à la Mansart, est élevé à l’ouest du premier ; il pourrait s’agir d’un nouveau château dont la construction aurait été interrompue durant la Révolution. Converti en distillerie à pommes, endommagé par un incendie, ce bâtiment est abandonné.

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Manoir du Plessis – Aquarelle Jean Combot

 

Le commentaire que La Chalotais imprima en 1764 de l’édit prescrivant la libre circulation des grains, et qui n’était autre que son réquisitoire concluant à l’enregistrement, montre en lui un doctrinaire du libéralisme économique. Il n’était pas seulement théoricien. Dans ses terrains de Vern et de Bécherel, il expérimenta les nouveautés que l’on préconisait alors pour rendre l’agriculture plus rémunératrice. Ses initiatives sont en étroite corrélation avec la fondation, sous l’égide des Etats de Bretagne, dans leur session de 1756, d’une Société d’agriculture, de commerce et des arts dans laquelle La Chalotais joua un rôle des plus actifs.

La_Chalotais5L’activité de la Société est prouvée par deux volumes qu’elle publia et qui contiennent l’analyse des mémoires qui lui furent présentés pendant les quatre années 1757-1760. La place qu’y occupe La Chalotais est remarquable, on y suit année par année les progrès de ses efforts.

La Société lui vota des remerciements pour son zèle. Il les méritait. Qu’on en juge : dès 1758, il obtenait des navets de 2 pieds de tour et de poids de 5 et souvent 6 livres. En revanche il échoua avec les racines de garance. Les prairies artificielles le passionnèrent. Il s’informa des moyens auxquels recouraient les Normands pour séparer la graine de la capsule. Eclairé il créa 20 journaux de prairie de trèfle. Les laboureurs, accoutumés à voir le trèfle pousser spontanément, le reconnaissaient à peine en le voyant couvrir des champs entiers : des tiges longues et fortes, des feuilles larges et charnues, un fourrage dense leur offraient un spectacle qui excitait leurs désirs. Les ruminants partageaient cette envie. L’essai de La Chalotais faillit en pâtir car une vache de Bécherel trop gourmande en avala tant qu’elle creva. A la différence du trèfle, la luzerne, semée en terre perdue depuis dix ans, ne réussissait pas. En mai 1758, La Chalotais s’avisa de la semer en rayons et la récolte fut belle. Il cultiva le chanvre avec tant de succès que celui de Vern fut réputé. Bien conseillé par Réaumur il plaça 50 ruches dans son jardin du faubourg de Rennes. En 1759-1760 La Chalotais perfectionna la méthode de culture des turneps (variété de navet). Il expérimenta la culture de la patate ou truffe rouge, comestible pour les hommes. Il planta 6. 000 noyers dans sa terre de Vern.

En un mot le magistrat se montra propriétaire avisé, plein d’idées ingénieuses et bienfaisantes. L’efficacité de la Société d’agriculture ayant décliné à partir de 1761 on pense que les soucis qui assaillirent alors le procureur général la privèrent de sa féconde collaboration et qu’elle perdit en lui l’un de ses promoteurs rennais.

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C’est dans l’année 1760, alors que La Chalotais n’avait pas encore écrit une ligne de celles qui devaient le rendre célèbre, que La Fruglaye vint se présenter à sa future belle-famille au château du Plessis de Vern. La Chalotais, qui avait perdu sa femme (qui était sa cousine germaine), Anne-Paule Rallier de la Fresnais, en 1748, après 22 ans de mariage, avait conservé près de lui la sœur de la défunte que l’on connaissait sous le nom de Mlle de la Mancellière.

Elle s’occupait de l’éducation de ses trois nièces, Mlle de La Chalotais, Mlle de Saint-Benoît et Mlle de Vern. « Elle était, dit La Fruglaye, aimée et respectée de toute la famille. On lui rendait beaucoup quoiqu’elle eût peu d’esprit, le caractère sévère et qu’elle fût fort aisée à blesser et très rancunière. Mlle de La Chalotais, fille aînée du procureur général, avait trente- cinq ans, était fort occupée de sa santé qui était mauvaise » (elle mourut en effet à Paris en février 1767, épuisée par les démarches qu’elle fit pour la libération de son père) ; « à beaucoup d’esprit naturel elle avait joint une foule de connaissances de tout genre qui rendaient sa conversation intéressante. Mlle de Vern, troisième sœur, était quant à elle malheureusement née : son personnel était déplaisant, son esprit très court, son caractère capricieux à l’excès et inconséquent. »

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Un timbre, une enveloppe, une carte postale et un collector sur La Chalotais sont proposés par PHILAPOSTEL Bretagne à cette occasion. Cette souscription est ouverte à tous, adhérent ou non : c’est ici.

 

 

 

 

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