Les billets en francs français #3

Voici la suite de la nouvelle saga exclusive de PHILAPOSTEL Bretagne qui nous emmènera sur plusieurs mois à raison d’un article par semaine environ. Nous allons en effet nous intéresser aux billets français libellés en francs, nous promenant ainsi sur deux siècles de 1800 à 2002 (Merci à Christiane pour m’avoir donné l’idée de cette chronique). En espérant que ce sujet vous plaira, merci à l’avance de vos commentaires, compléments d’information etc …

Les billets « noirs »

De 1800 à 1861, les billets de banque sont de couleur noire, unifaces et de valeur faciale élevée. On les appelle les « types noirs » comme les 1000 et 500 francs germinal vus précédemment.

Deux exceptions – que l’on verra ultérieurement – sont cependant à noter :

  • le 5000 francs émis en 1846 et qui est imprimé à l’encre rouge ;
  • le 100 francs émis en 1848 et qui est imprimé à l’encre lithographique verte.

Le 250 francs comptoirs

Dès 1808, les statuts de la Banque de France prévoient la possibilité de créer des comptoirs d’escompte dans les villes de province où les besoins du commerce en font sentir la nécessité. Ainsi, deux comptoirs s’ouvrent à Lyon et Rouen dès 1809, puis un autre à Lille en 1811. Ces comptoirs émettent des billets de 250 francs, imprimés à Paris et portant le nom du comptoir émetteur qui, seul peut en assurer le remboursement.

250_francs_Comptoirs

Rapidement, les résultats d’exploitation s’avèrent insuffisants ; Lille ferme en 1813 ; Lyon et Rouen en 1817. En 1836, le rétablissement de comptoirs d’escompte placés sous l’égide de la Banque de France est décidé dans quinze villes de province, à commencer par Reims et Saint-Étienne. De 1836 à la fin du XIXe siècle les comptoirs émettent des coupures portant leur nom, payables uniquement au guichet du comptoir émetteur. À noter que les premières coupures portent une valeur de 250 francs réservée aux comptoirs ; plus tard d’autres valeurs viennent s’ajouter.

Les coupures de 250 francs sont supprimées en 1849 à la suite de la création du billet de 200 francs. Le 15 septembre 1890, on ordonne la destruction de tous les billets au type des succursales et on décrète qu’il n’en sera plus émis à l’avenir.

Le 1000 francs 1817

Il fait partie de la famille des « billets noirs » fabriqué entre 1800 et 1862 et succède au 1 000 francs Germinal émis en avril 1814. Ce billet est donc une nouvelle fois appelé « définitif » et sera imprimé à quelques variantes près pendant toute la Restauration.

Il a été mis en circulation le 9 octobre 1817, d’abord sur Paris. Il est définitivement privé de son cours légal en décembre 1897.

Description

La vignette de forme rectangulaire imprimée en noir sur le seul recto a été conçue par Charles Normand et gravé par Jean-Bertrand Andrieu. L’impression typographique fut assurée par Firmin Didot.

1000f_1817

Au niveau des motifs, en partant de la droite : on trouve le talon et sa frise calligraphiée (« mille francs »), puis le cadre cerné par deux colonnes remplis des divinités mythologiques habituelles (Poséidon, Cérès, cupidons, etc.). Dans le cadre supérieur, se trouvent, dos à dos, deux têtes d’animaux : un cheval et un bœuf. Dans le cadre inférieur, mention est faite de la loi qui punit « le contrefacteur d’une peine de travaux forcés à perpétuité ». Au centre-gauche se trouve le sceau imprimé de la Banque de France, puis centré, le montant mais la date ainsi que les trois signatures de contrôles sont manuscrites.

Au niveau des systèmes de sécurité, la vignette comporte un timbre humide ainsi qu’un filigrane jaune reproduisant la somme en lettres et en chiffres.

Le type 1829

Toujours dessiné et gravé par les mêmes créateurs, le 1 000 francs créé le 26 novembre 1829 et émis le 26 mars 1830 introduit le filigrane blanc, la date d’émission imprimée (et non plus manuscrite) et trois cartouches dont deux contenant le même extrait de l’Article 139 (au lieu du timbre humide) avec une technique d’impression noir au blanc particulièrement difficile à reproduire.

1000_francs_1831

Ce texte comporte deux fautes d’accord grammatical (le mots banques est au pluriel, le mot autorisées est au féminin pluriel), erreurs qui ne seront pas corrigées avant l’émission du billet de 50 francs Racine… en 1962 ! Il reste à supposer que ces « coquilles » ont été laissées en guise de subterfuge, certains faussaires étant des typographes particulièrement perfectionnistes : ces deux fautes seraient donc des points secrets, mais rien n’est sûr.

Le 500 francs 1817

Le 500 francs 1817 est un type de billet de banque en francs français créé le 2 janvier 1818 par la Banque de France et émis le 19 mars 1818 à la place du 500 francs Germinal. Il sera remplacé par le 500 francs noir de type 1842.

Description

La vignette a été dessinée par Charles Normand et gravée par André Galle.

Le motif se constitue essentiellement d’une frise rectangulaire reprenant des motifs néoclassiques avec, au centre, les mentions d’usage composées selon la typographie inventée par Firmin-Didot.

500_francs_1817

À partir de 1824, le filigrane devient clair et non plus opaque. En 1827, la date de création, jusqu’alors manuscrite, est imprimée. En 1829, le timbre à l’identique disparaît pour laisser la place à deux cartouches circulaires dans lesquels sont inscrites en toutes lettres (sur fond blanc et en noir au blanc) les peines infligées par le Code pénal : cette mention légale « La loi punit de mort le contrefacteur » disparaîtra en 1832, remplacée par la peine de travaux forcées à perpétuité.

Variante de 1831

À partir du 2 février 1832, on applique au verso du billet la technique de l’impression à l’identique inversé : ces billets sont néanmoins considérés comme unifaces même si cette technique d’impression reste difficile à imiter. Le réglage était extrêmement précis : par transparence, les deux motifs se superposaient parfaitement.

500_francs_1831

Par ailleurs, l’Institut utilise parfois un papier jaune, et ajoute enfin trois cartouches : deux de forme circulaire, dont un cartouche imprimé « noir au blanc », positionnés en vis-à-vis pour indiquer le même texte, c’est-à-dire les peines prévues par l’Article 139 en cas de contrefaçon ; mêmes fautes que pour le billet de 1000f de 1829.

A suivre …

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