Phil’Apprendre #18 : les types d’impression #3

PhilApprendre18ème numéro de Phil’Apprendre, nouvelle chronique exclusive de PHILAPOSTEL Bretagne. En lisant attentivement tous les articles de cette chronique, vous apprendrez tout (ou presque) sur votre loisir préféré et deviendrez à coup sûr un philatéliste averti !

Aujourd’hui, nous poursuivons notre série d’articles sur les types d’impression des timbres : bonne lecture !

Types d’impression #3 : la Taille-douce

La taille-douce est le procédé le plus artistique, celui qui réclame le plus d’habilité de la part du graveur et qui lui permet, aussi, de s’exprimer le plus librement. À l’inverse de la typographie, ce sont les creux qui impriment et le relief de la gravure qui donne le blanc.

le_travail

le 1er timbre français en taille-douce

Le graveur doit d’abord creuser des tailles très fines sur un bloc en acier doux aux dimensions réelles du timbre. Ce bloc, durci à haute température (les spécialistes disent  » cémenté « ), sert à fabriquer une molette cylindrique de report qui, par rotation et pression progressive, prend, en relief, l’empreinte de l’image gravée sur le poinçon.

 

Après cémentation, la molette est utilisée pour transférer, en creux, cette même gravure sur le cylindre d’impression, autant de fois qu’il est nécessaire pour obtenir une planche de timbres. Ce cylindre est, à son tour, durci, afin d’éviter son usure pendant le tirage.

le_travail_details

Détails à la loupe des deux états du « Travail »

Ce procédé fournit un résultat tout en finesse. Les grandes surfaces unies sont cependant impossibles à obtenir.

 

Il faut graver un entrecroisement de lignes très fines, que l’on peut apercevoir à la loupe mais qui, à l’œil nu, donnent une impression d’uni.

pont_du_gard_1929Les premiers timbres français issus de cette technique sont le Travail émis le 2 mai 1928, et le type I du Pont du Gard (15 mai 1929). Ils ont été imprimés à plat.

Mais, très vite, on s’est servi de la rotative, dès le 22 mars 1929, avec le 10 F La Rochelle, émis le 18 juillet 1929. Il n’y avait, à l’époque, qu’une seule couleur. Trois couleurs ont été introduites en mars 1939 (75è anniversaire de la marianne_cocteau_1282fondation de la Croix-Rouge), puis six en 1960 (série des Oiseaux).

Le premier timbre de petit format imprimés en six (TD6) couleurs a été la Marianne de Cocteau, émise le 23 février 1961.

La gravure en creux sur plaque de cuivre dite en « taille-douce » apparaît simultanément en Allemagne et en Italie vers 1450.

Sa technique n’a pratiquement pas varié depuis. La presse est composée encore aujourd’hui de deux rouleaux superposés qui obligeront le papier a venir chercher l’encre dans les tailles du cuivre en passant au milieu de ces mêmes rouleaux, sous une pression de l’ordre d’une tonne.

Les procédés :

JPEG - 8.7 koLes principaux procédés de la taille-douce sont :
- le burin,
- l’eau-forte,
- la pointe-sèche,
- l’aquatinte.

Le burin

A l’aide d’une tige d’acier tranchant (le burin), le graveur va creuser plus ou moins profondément le cuivre d’arrière en avant, arrachant des copeaux de métal. Plus le sillon est profond, plus le trait sera noir à l’impression, mais toujours d’une netteté caractéristique.

JPEG - 14.4 koL’eau-forte

Le graveur à l’aide d’une pointe d’acier va dessiner son motif en rayant le cuivre, préalablement recouvert d’une couche de vernis, mettant ainsi le métal à nu.

En plongeant la plaque dans un bain d’acide ( l’eau-forte) les parties rayées vont se creuser plus ou moins profondément suivant le temps d’immersion. Les graveurs ont souvent recours à plusieurs essais de morsure pour obtenir une épreuve conforme à leur désir.

JPEG - 11.4 koLa pointe-sèche

Le graveur à l’aide d’une pointe d’acier en forme de crayon griffe son cuivre dans le sens inverse du burin.

Le métal n’est pas enlevé mais seulement repoussé laissant des « barbes » que certains artistes préfèrent supprimer en partie.

Ces barbes donneront à l’impression un rendu estompé caractéristique.

JPEG - 14.3 koL’aquatinte

Sur un cuivre déjà gravé à l’eau forte, puis chauffé, l’artiste fait adhérer de la poudre de résine.

La plaque est ensuite replongée dans l’eau forte. L’acide mord le métal dans les parties non protégées.

A l’impression le rendu est plus doux que l’eau forte, allant même sur les fonds jusqu’à la délicatesse du lavis.

Un autre procédé né au XVIIè siècle, la « manière noire » ou Mezzo-tinto, consiste à hérisser le cuivre de minuscules pointes très serrées que le graveur va plus ou moins écraser pour aller du noir au blanc en passant par les différents gris, donnant ce velouté si typique de cette technique.

La mise en couleurs

Pour la mise en couleurs deux techniques sont employées :
- celle du repérage,
- celle dite « à la poupée« .

La première nécessite autant de cuivres que de couleurs. Le taille-doucier recouvre la plaque encrée au rouleau, où deux trous ont été percés en haut et en bas du dessin gravé, d’une feuille de papier légèrement mouillée, en ayant soin de centrer exactement la gravure à l’aide d’une pointe d’épingle piquée dans les trous de repérage. L’ensemble passera ensuite entre les rouleaux de la presse pour impression. La même feuille, maintenue au même endroit sur chaque plaque à l’aide de la pointe d’épingle, passera sur autant de cuivres qu’il y a de couleurs.

Dans la seconde technique, les différentes teintes sont tirées en une seule opération. Les couleurs sont posées par le taille-doucier « à la poupée » (tissu enroulé très fortement sur lui-même et se terminant en pointe) . L’excédent d’encre se trouvant sur les parties non gravées est retiré par « le paumage » (essuyage de la plaque avec la paume de la main). Recouvrant le cuivre d’un papier légèrement humide, afin de le rendre « amoureux de l’encre » l’Artisan va faire passer l’ensemble entre les rouleaux de la presse pour l’obliger à venir chercher les couleurs dans les tailles. La plaque est alors nettoyée et le taille-doucier va renouveler ces opérations autant de fois qu’il y a d’épreuves numérotées.

Avec l’aimable autorisation de L. Jeanmougin, E. Poulouin, P. Courtiade, JM. Bonnard et V. Manta

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