Célèbres et collectionneurs #18

Cette chronique vous présente, un mercredi sur deux, des personnages célèbres qui sont également collectionneurs : Qui sont-ils ? Qu’amassent-ils ?

Cette semaine : Philippe de La Renotière Von Ferrari et … les timbres

En fait, il sera célèbre de par sa collection, mais il est également  issu d’une famille célèbre. Sa mère, Maria, est la fille du Marquis Anton de Brignole-Sale, ambassadeur de Sardaigne en France, et ancien conseiller de Napoléon Ier, intime de la famille d’Orléans et du Comte de Paris. Son père, Raffaele, riche négociant génois, duc de Galliera , sera l’actionnaire principal du réseau de Chemins de Fer Paris-Lyon-Marseille (P.L.M.), et est aussi fondateur du Crédit Immobilier de France.

Mais revenons à Philippe : ce baron, milliardaire excentrique, a possédé la plus importante collection de timbres jamais connue. Son enfance fut très aisée.

OneCentGuyana

One Cent Magenta de Guyane britannique

En 1864, alors qu’il était élève au lycée Louis-Le-Grand, il fait la connaissance du négociant Pierre Mahé (qui lança dès 1864 Le Timbrophile, premier journal philatélique) qui lui fait passer le gout de la philatélie tout en devenant son ami. Ce sera lui qui en 1874 sera chargé de compléter la collection de Philippe. Sa mère l’encouragea dans cette passion, les premiers timbres qu’elle lui offre proviennent des plus anciens marchands anglais: E.S. Gibbons, Strafford & Smith … Puis elle lui offre 300.000 FF d’époque par mois pour assouvir ses désirs philatéliques.

Tre_Skilling

l’unique Tre Skilling jaune de Suède

Son excentricité étonna tout le monde. Que dire de l’histoire qui raconte qu’un jour, apprenant qu’on allait vendre les timbres du roi Ferdinand des Deux-Siciles au Royaume-Uni, il téléphona à son expert à Vienne lui demandant de prendre le train en direction de Londres pour se rendre à cette vente, l’expert lui répondit que le train était complet. Un peu plus tard, M. Philippe (comme il demandait qu’on l’appelle) lui retéléphona et lui demanda de prendre ce train car il venait de lui faire ajouter un wagon supplémentaire à ses frais.

Two_Cent_Hawai

2 cents bleu d’Hawaï

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Les personnes qui l’ont connu racontent qu’il quittait toujours son hôtel particulier en habits de clochard et béret ou casquette selon les saisons. Quand il allait acheter des timbres, il parsemait et entassait les timbres sur le bureau du marchand, demandait le prix et sans attendre une réponse, sortait une pièce d’or et mettait tous les timbres dans sa poche.

Baden_9kreuzer

9 kreuzer noir sur bleu-vert du Duché de Baden, connu en deux exemplaires

.

Il voyagea à travers le monde poursuivant les timbres, ses deux premières grandes acquisitions furent la collection du baron de Rotschild qu’il acheta à 150.000 Francs et celle de M.F.A. Philbrick qu’il acheta à 250 000 Francs. Son budget était de 50.000 Francs par semaine et cela sans comprendre le prix des collections qu’il achetait.

Sa propre collection occupait deux grandes salles et comptait la plupart des pièces rares de son époque. Parmi les timbres rarissimes qu’il a possédés s’est trouvé l’unique exemplaire du « One cent magenta » (de 1856) de Guyane britannique, l’unique exemplaire neuf connu du « Two cents bleu«  de Hawaï de 1851, l’unique « Tre skilling jaune » suédois et l’enveloppe dite « de Bordeaux » : avec les deux « Post Office », 1 penny rouge et 1 deux pence bleu, de l’Ile Maurice (Mauritius), unique affranchissement connu de ce type sur lettre. Sa collection de timbres-poste de France comprenait l’unique paire tête-bêche du 15 centimes vert de 1850 connue, des paires avec tête-bêche du un franc vermillon, etc.

l'enveloppe dite "de Bordeaux"

l’enveloppe dite « de Bordeaux »

Au début de la première guerre mondiale, il partit précipitamment en Suisse laissant sa collection bien-aimée en France. Il mourut le 20 mai 1917 à Lausanne en Suisse, et, à la grande stupéfaction du monde entier, il légua sa collection au musée postal de Berlin. Mais, l’Etat français séquestra sa collection en tant que bien de guerre et la vendit aux enchères en 1928, elle récolta la somme de 28 millions de Francs.

 Source : Philatelor

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